Le dernier édito du journal municipal, le BajoMag, a été largement consacré à la mobilisation de cet été devant l’Ilôt Pêche d’Or – Bergerie. Voici notre réponse.

 

Monsieur le Maire,

 

 

Vous nous avez fait l’honneur de consacrer une large partie de votre édito du dernier Bajomag’ à la mobilisation citoyenne et pacifique, qui s’est déroulée, tout l’été, devant l’Îlot Pêche d’Or – Bergerie. Nous y voyons une récompense de nos efforts : si nous n’avons pas empêché les destructions, nous avons réussi à toucher les cœurs et les esprits, dont le vôtre manifestement, et à alerter sur l’écocide en cours, ainsi que sur les périls encourus par la Bergerie des Malassis, dont le déménagement continue de nourrir l’inquiétude et le chagrin de tous ceux et toutes celles qui y sont attachés.

Cependant, c’est sur le contenu de cet édito qu’il faut admettre que nous avons des désaccords. Notre mobilisation n’a, selon vos mots, été que le fait de « quelques Bagnoletais en quête de visibilité ». C’est faux, à plusieurs titres.

D’une part, nous ne sommes pas, seulement, « quelques » Bagnoletais. Nous sommes à l’origine de tribunes et de textes qui rassemblent, à chaque fois, un nombre considérable de signataires, dont l’écrasante majorité sont originaires de notre ville. Notre dernière pétition a été signée par plus de 4600 personnes : la lecture des commentaires laisse peu de doute sur leur lieu d’habitation.

D’autre part, notre association est épaulée par des personnalités (Catherine Ringer, Hugo Clément, Stéphane Bern) et par de grandes associations nationales de protection de l’environnement. Vous le savez car vous avez reçu leurs nombreuses interpellations publiques et les courriers de leurs avocats. France Nature Environnement, le Groupe National de Surveillance des Arbres, le Mouvement National de Lutte pour l’Environnement et Environnement 93 sont présents à nos côtés et se sont joints à nous pour des recours en justice. C’est, notamment, grâce à leur soutien que nous avons pu démontrer la présence, sur le site, d’espèces protégées, en France, par la loi, et dont vos services, au moment de l’établissement du permis de construire, n’avaient pas vraiment jugé utiles de se soucier.

Enfin, personne n’est, parmi nous, en quête de « visibilité ». Nous ne sommes que des militants écologistes sincères et des habitants meurtris de voir leur paysage défiguré et amputé d’un lieu, à si haute valeur humaine et sociale, qui leur est si cher, sans autre ambition que de le préserver. Des adultes inquiets de voir des tout petits enfants parqués pendant deux ans, au moins, dans des préfabriqués sinistres, aux abords d’un chantier bruyant et poussiéreux. La réalité est, plutôt, que celles et ceux qui s’exposent (en prenant des responsabilités associatives, en témoignant dans les médias, en manifestant dans la rue…) ont, ce faisant, le sentiment de prendre un risque. Nous ne comptons plus le nombre de résidents qui nous ont confié être « de notre côté » mais ne pas oser le dire publiquement, ne pas oser s’exprimer, de peur d’en subir des conséquences. Et malheureusement, il nous est, aussi, parvenu des récits témoignant, effectivement, d’une montée des tensions et de pressions et d’intimidations parfaitement insupportables. En tant que maire, garant de la concorde dans cette ville, du bien-être et du respect des libertés de chacun.e de nous, voilà qui devrait grandement vous alerter.

Nous terminons, Monsieur le Maire, en vous disant que ce n’est pas nous qu’il faut regarder, mais ce que nous vous montrons du doigt : l’Îlot Pêche d’Or – Bergerie. Il est plus que temps que nous regardions tous ensemble dans la même direction. Nous souhaitons, encore, vous voir ouvrir les yeux sur la cause que nous défendons. Nous vous l’avons dit, nous vous l’avons écrit, publiquement, nous ne sommes pas une force d’opposition mais, d’abord, une force de proposition, sur la base du projet architectural de l’association « Sors de terre » et en faisant appel aux moyens dégagés par l’Etat – il s’agit de deux milliards d’euros – pour préserver les îlots de fraîcheur, renaturer les villes, et verdir les projets de l’ANRU, afin de permettre à notre ville d’adopter le meilleur projet, pour toutes et tous. Nous partageons, avec vous, l’exigence répétée au fil des pages du Bajomag’ : le meilleur pour nos enfants. Nous n’avons, donc, pas perdu tout espoir de vous voir convaincu et, un jour, inaugurer l’école Pêche d’Or repensée, agrandie et modernisée, dans son écrin de verdure intact, et jouxtée par sa compagne, la Bergerie des Malassis. Vous seriez, alors, le premier à en être fier, salué et honoré.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Maire, à l’expression de notre très haute considération et à notre attachement, le plus sincère, au bien commun dans notre ville.

 

L’association Sauvons l’Îlot Pêche d’Or – Bergerie

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