La destruction de l’Ilôt Pêche d’Or est imminente et devrait commencer le 11 juillet. Nous avons encore de l’espoir d’éviter cela :  dans le contexte caniculaire que nous avons connu au mois de juin, le gouvernement s’est engagé à débloquer des fonds partout sur le territoire pour la renaturation et la formation d’ilôt de fraîcheur dans les villes.

Nous avons donc interpellé le gouvernement  pour que cet argent serve non pas à la réparation mais à la préservation de ce qui existe! L’ilôt est là, le gouvernement doit donner à notre ville les moyens de le préserver!
 
Voici le courrier adressé à Mme Elisabeth Borne, Première Ministre, Mme Agnès Pannier-Runacher, Ministre de la transition énergétique, M. Christophe Béchu Ministre délégué à la Transition écologique et à la Cohésion des territoires, M. Jacques Witkowski Préfet de la Seine-Saint-Denis, Mme Christine Leconte Présidente du Conseil national de l’Ordre des architectes, M. Patrice Bessac Président d’Est Ensemble.

Plan national de « renaturation des villes »

Madame, Monsieur,

Notre association « Sauvons l’Îlot Pêche d’Or – Bergerie » réunit une centaine de citoyens et citoyennes du quartier des Malassis, à Bagnolet et au-delà, particulièrement inquiets.ètes de la tournure prise par le projet et par le chantier de l’îlot Pêche d’Or, parcelle du quartier des Malassis qui réunit, actuellement, et depuis plus de douze ans, une école maternelle et une ferme.

Cette parcelle de plusieurs milliers de mètres carrés constitue un espace de biodiversité, riche de pleine terre, planté de 55 arbres, dont certains sont remarquables, et un véritable îlot de fraîcheur, qui participe au refroidissement pour un quartier très dense dans notre ville.

Un projet de reconstruction de l’école maternelle, ainsi que la construction d’une crèche et d’un centre de loisirs, est en cours et les travaux doivent commencer très prochainement, sur la base d’un projet architectural, adopté il y a plusieurs années, mais, aujourd’hui, très en-deçà des enjeux environnementaux, sociaux et sociétaux actuels.

Le Maire le concède lui-même, ce projet n’est plus adapté et il ne referait pas les mêmes choix, aujourd’hui, mais il invoque la situation administrative et juridique de blocage et de non-retour qu’entraînent un jury de concours et le protocole de signature d’un marché public, qui engagent la responsabilité et les finances de la ville. Un projet alternatif, qui offre un examen de la situation et des perspectives, plus justes et plus actuelles, de très haute qualité scolaire, éducative et environnementale, a été présenté, ultérieurement, mais notre commune ne peut plus, aujourd’hui, l’adopter ou engager le projet actuel à s’en inspirer.

L’îlot Pêche d’Or – Bergerie des Malassis constitue l’exemple même des îlots de fraîcheur que le plan national de renaturation des villes, que l’Etat et votre gouvernement engagent à préserver, à développer et à créer. A ce stade, nous estimons qu’il est encore de notre devoir citoyen de vous alerter, face à cette situation d’urgence. Notre démarche n’est pas partisane, elle se fonde sur des éléments depuis longtemps débattus et réfléchis collectivement, qui représentent des enjeux et contiennent des alternatives fondamentaux et cruciaux, en termes d’environnement et d’écologie, d’architecture et d’urbanisme, de vie sociale et d’éducation…

Il est dramatique, vous l’aurez compris, de devoir se soumettre au caractère impératif de l’engagement des travaux. Comment peut-on, par exemple, encore sérieusement justifier le coût important mis dans la construction et l’entretien – toujours très complexe et coûteux – d’un jardin sur le toit d’un aberrant bloc de béton, quand leur construction aura été faite au détriment d’une pleine terre de plusieurs milliers de mètres cubes déjà végétalisée et déjà arborée et à l’abattage de plusieurs arbres offrant actuellement ombre et fraicheur ?

Nous sommes bien conscients.es que l’équipe municipale fait tout ce qu’elle peut pour sauver la bergerie et ses activités, et que les négociations ouvertes avec « Sors de Terre », l’association liée à la Bergerie des Malassis, se veulent constructives.

La nouvelle école va donc être construite sur des terres fertilisées par de longues années de travail de la bergerie, alors qu’elle pourrait être construite, en grande partie, sur les sols déjà artificialisés de la parcelle. L’Îlot Pêche d’Or – Bergerie est un espace où l’on peut respirer, se rafraîchir, se retrouver, échanger, partager, participer, et contempler, tranquillement, la beauté toute simple des animaux de la ferme, des plantes et des arbres.

Tout cela – cette dynamique exceptionnelle, ce cadre, cet écrin, sa configuration heureuse, ces liens si forts, et ce patrimoine étonnant – est gravement menacé, d’altération, de dégradation, voire de disparition… C’est un îlot de fraîcheur et une terre-oasis du quartier exceptionnels qui risquent, là, de disparaître au détriment des enfants de l’école, du personnel enseignant et de tous les habitants du quartier.

Nous vous demandons, donc, solennellement, de donner les moyens administratifs et financiers à notre ville, à notre maire et à l’équipe municiple, de pouvoir faire face, financièrement, à l’abandon du projet architectural actuel ou à sa renégociation sur les bases d’un cahier des charges, revu et corrigé, dont un des présupposés serait de laisser la bergerie là où elle est, sur la partie du site qu’elle occupe (en la réaménageant, au besoin), pour préserver cet îlot de fraîcheur et cette oasis, et dont l’objectif majeur serait la réalisation d’un projet largement inspiré, voire repris, de celui conçu, comme alternative au projet initial, par Sors de terre, pour étendre cet îlot de fraîcheur et cette oasis. Cela constituerait également un exemple d’aménagement citoyen à travers lequel des habitantes et habitants, des parents d’élèves, des enseignantes et enseignants s’engagent avec des associations pour faire vivre un véritable projet de développement durable.

Ce projet répondrait aux ambitions souhaitées par Monsieur le Ministre de l’éducation nationale qui propose l’axe suivant : « Le quatrième axe est la question écologique. Elle se pose de manière urgente et cruciale. Le ministère de l’Éducation nationale et de la Jeunesse doit engager, dans toutes ses dimensions, une mobilisation forte sur le sujet. Cela inclut une refonte de nos actions avec les collectivités territoriales sur le bâti scolaire. »

Dans l’attente, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, notre considération la meilleure, et nous tenons à votre disposition, pour toute information que vous estimerez nécessaire et pour toute rencontre utile, en vous assurant de notre engagement et en notre dévouement pour le devenir éducatif, pédagogique, culturel, social et écologique, de ce site – de sa configuration et de sa dynamique – déjà remarquable, inouï et patrimonial.

Nelly Fournet    Sabrina Heitzmann,

co-présidentes de Sauvons l’Îlot Pêche d’Or – Bergerie

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